À la tête du Club Les Alpes d’Azur à Serre Chevalier, Angélique Mamczyk incarne une direction de terrain, proche des équipes comme des vacanciers. Ancienne responsable des clubs enfants devenue désormais directrice, elle raconte dans cet entretien un métier fait de présence, de réactivité et de lien, dans un lieu d’exception qui change de visage au fil des saisons.
Est-ce que vous pouvez vous présenter ?
Je m’appelle Angélique Mamczyk, j’ai 36 ans, et je suis maman d’un petit garçon de deux ans et demi. Cela va faire deux ans que je suis au poste de directrice des Alpes d’Azur, à Serre Chevalier.
Avant de devenir directrice, vous avez travaillé dans l’animation chez Vacances Bleues. Qu’est-ce que cette expérience vous apporte aujourd’hui dans votre quotidien ?
J’ai été responsable des clubs enfants, et cette expérience me sert encore énormément. Elle m’a appris le management, bien sûr, mais surtout la relation aux équipes. J’y ai développé une façon de travailler simple et directe, avec l’idée qu’il faut savoir créer de la cohésion, se rendre disponible et répondre présent quand on a besoin de vous.
L’animation m’a aussi appris la polyvalence. En direction, cela m’aide à aller d’un poste à l’autre pour soutenir les collaborateurs, mieux comprendre leurs réalités et parler leur langage. Par exemple, si une serveuse est blessée, ce qui arrive en hiver avec le ski, je peux aller en salle et donner un coup de main. C’est important pour moi. Je pense qu’un directeur ou une directrice doit savoir intervenir là où c’est nécessaire, pour comprendre au mieux ses équipes et leurs conditions de travail.
En quoi consiste votre métier de directrice aux Alpes d’Azur ?
Sur le papier, il s’agit de gérer l’hôtel, à travers le budget, l’organisation et les équipes. En pratique, je suis énormément sur le terrain, présente, accessible, à l’écoute. Une directrice ne peut pas rester à distance. Il faut voir, entendre et comprendre ce qui se passe au quotidien.
Il y a aussi toute la partie liée à l’évolution des attentes. Les vacanciers d’aujourd’hui sont plus exigeants, plus attentifs, et ils ont besoin que l’on soit très disponible.
À quoi ressemble une journée type pour vous ?
Je tiens à être présente sur les moments clés, comme le petit déjeuner, le midi ou le dîner, parce que ce sont aussi des temps d’échange. Certains vacanciers ont besoin de parler directement à la direction pour faire remonter une impression, un besoin, une difficulté ou simplement un merci.
Le matin est souvent consacré à l’écoute des collaborateurs. L’après-midi, je me concentre davantage sur la partie administrative : budget, contrats, préparation des réunions, organisation générale. Mais mes journées ne s’arrêtent pas là. Il m’arrive aussi d’être présente sur les temps d’animation après le dîner, surtout en début de séjour. Le samedi, le dimanche ou le lundi, quand les vacanciers viennent d’arriver, ils n’ont pas encore tous leurs repères. Être disponible dans un moment convivial permet de faire passer des informations plus naturellement que dans un bureau.
Et puis il y a le vendredi, une journée particulière. Lors de la garden party du soir, les vacanciers ressentent souvent le besoin de revenir sur leur semaine. Ils racontent ce qu’ils ont aimé, ce qui les a marqués ou ce qui pourrait être amélioré. C’est un moment précieux.
Comment décririez-vous le Club Les Alpes d’Azur à quelqu’un qui n’y est jamais venu ?
Je dirais que c’est un club familial, convivial, où l’on se sent comme à la maison.
À la fin de la semaine, tout le monde se connaît mieux: les vacanciers, les équipes, les animateurs… Cela se ressent tout de suite dans l’ambiance.
Le lieu lui-même a aussi une vraie personnalité. Il y a cette vue magnifique sur les sommets, cette atmosphère montagnarde, cette décoration chaleureuse.
Le club vit été comme hiver. Qu’est-ce qui change le plus dans l’organisation et l’ambiance entre les deux saisons ?
Le rapport au temps n’est pas le même. L’été, les vacanciers restent souvent deux ou trois semaines d’affilée. Une cohésion s’installe. Les gens viennent chercher la nature, le calme, les paysages… Les journées sont plus souples, plus libres.
L’hiver, c’est un autre rythme. Les séjours durent surtout une semaine et les journées sont structurées par l’ouverture des pistes, les horaires de navette, le retour du ski… Les vacanciers sont plus sportifs, plus concentrés sur leur programme. L’ambiance reste chaleureuse, bien sûr, mais l’organisation est plus cadrée.
L’été, quelles activités ou sorties conseillez-vous à quelqu’un qui découvre Serre Chevalier ?
Je conseille d’abord les randonnées, parce qu’elles permettent de saisir immédiatement la beauté de la vallée. Il y a des paysages magnifiques, des lacs de montagne, des itinéraires très variés. Parmi les incontournables, je citerais le lac de l’Orceyrette, le lac de la Douche, qui est parfait pour une sortie en famille, et le col du Galibier, qui laisse toujours une impression très forte.
Et puis il y a tout ce qui touche à l’eau vive et à l’escalade. À Serre Chevalier en été, on peut marcher, grimper, pagayer, respirer… C’est une montagne qui se découvre autant avec les yeux qu’avec le corps.
L’hiver, que conseillez-vous à ceux qui veulent profiter de la montagne autrement qu’en skiant ?
Je recommande d’abord les randonnées en raquettes, parce qu’elles offrent une autre façon de découvrir la vallée, plus contemplative et très ancrée dans la nature. C’est une très belle façon d’entrer dans l’hiver, même sans être skieur.
Je conseille aussi les chiens de traîneau, pour le côté immersion et grand air. Et puis il y a d’autres plaisirs locaux : la patinoire, qui plaît beaucoup aux familles, ou les Grands Bains du Monêtier, très appréciés pour un moment de détente après une journée dehors.
À Serre Chevalier, vous êtes dans un environnement très préservé. Quelles actions mettez-vous en place pour encourager un tourisme plus durable ?
L’été, nous mettons en place du covoiturage au départ de l’hôtel pour les randonnées. L’hiver, la grande navette permet d’éviter que chaque famille prenne sa voiture pour partir sur les pistes. C’est pratique pour les vacanciers, et plus cohérent pour la vallée.
Nous travaillons aussi beaucoup sur le petit déjeuner zéro déchet. Il est servi en buffet, sans emballages individuels, avec des produits faits maison ou issus de fournisseurs et producteurs locaux. On retrouve cette logique dans le choix de certains produits régionaux, comme la charcuterie et le fromage.
Vous avez un souvenir marquant avec une famille, un client fidèle ou une équipe aux Alpes d’Azur ?
Oui ! Quand j’ai pris mon poste, un jeune couple est arrivé avec un bébé. Cela faisait trois mois qu’ils n’avaient pas eu un moment à eux, sans enfant. Ils cherchaient une baby-sitter pour pouvoir aller aux thermes, mais nous n’avons trouvé personne dans la vallée. Nous étions hors vacances scolaires, et les jeunes habituellement disponibles étaient pris par leurs études.
C’est moi qui ai gardé le bébé. Depuis, ils reviennent tous ensemble aux Alpes d'Azur.
Qu’est-ce qui vous plaît chez Vacances Bleues ?
Ce que j’aime, c’est la cohésion. La cohésion entre les directeurs et leurs équipes, mais aussi celle que l’on ressent entre nous, directeurs, et nos supérieurs. Il y a quelque chose de très familial.
J’apprécie aussi l’attention portée aux équipes. Pour nous, il est important de les garder d’une saison à l’autre, de les fidéliser, de les accompagner. C'est moins le cas chez d'autres acteurs du tourisme pour lesquels j'ai travaillé avant.
Et puis il y a notre signature, “des lieux, des liens”, qui correspond très bien à ce que nous vivons. Bien sûr, il y a les paysages, le club, la montagne, les charmes des saisons. Mais ce que les vacanciers retiennent souvent, c’est aussi la qualité de la relation, le sentiment d’être attendus, reconnus et écoutés.




