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L’hodophobie et l’épineuse question des destinations de vacances

L’hodophobie et l’épineuse question des destinations de vacances

La peur des voyages porte un nom, l’hodophobie, et va bien au-delà de la peur de l’avion, davantage répandue. Vacances Bleues vous livre explications et remèdes. Si jamais vous souhaitez vaincre votre phobie et programmer des vacances à l’étranger cette année, c’est le moment d’oser !

Un peu de grec ancien pour déchiffrer ce terme peu courant : « hodos » signifie « voie, chemin, route » et, associé avec le suffixe phobie, définit la peur des voyages. Une crainte plus générale que l’aerodromophobie (peur de l’avion) ou la sidérodromophobie (peur de voyager en train). Quand on est hodophobe, on redoute de partir en vacances à l’étranger, en raison de l’inconnu et du manque de repère, du trajet (quel que soit le moyen de transport), du refus de laisser ses proches… 
Pour David par exemple, impossible de passer une frontière sans « avoir de sueurs froides. Les lieux que je connais me rassurent, je sais où se trouvent la boulangerie et… l’hôpital. » Martine, elle, « angoisse beaucoup avant et pendant le voyage, peu importe la destination de vacances ». Du stress qui se manifeste par des papillons dans le ventre, les mains moites, de la difficulté à respirer… Bref, tout sauf une partie de plaisir !

Une origine ancestrale

Frédéric Chapelle, spécialiste des TCC (thérapies comportementales et cognitives), voit dans l’hodophobie une peur ancestrale, « inscrite dans le psychisme. Pour nos ancêtres, s’éloigner de la caverne était dangereux, explique-t-il : ils n’étaient plus certains de trouver de la nourriture, s’exposaient à d’éventuels prédateurs… » 
Le psychanalyste Pascal Neveu y voit une autre raison, bien loin du motif destinations de vacances : « Refuser de s’éloigner de sa maison, c’est vouloir demeurer dans le cocon que représentait le ventre maternel, ou plus largement la cellule familiale. C’est désirer maintenir la fusion, nier l’évolution, le changement, le fait de grandir. » Voilà pour la partie psycho !

Anticiper et sécuriser


Concrètement, comme pour toute  phobie, il existe des remèdes pour vaincre sa peur, qu’on pourrait classer en 3 parties :

  • Choisir la destination : organiser des vacances à l’étranger, c’est se faire plaisir donc inutile de partir à l’autre bout du monde, le principal est de suivre ses envies ;
  • Anticiper pour mieux préparer le voyage : prévoir le budget, les assurances, un guide francophone… ;
  •  Se préparer psychologiquement (aux trajets, à « quitter » ses proches)… Et là, chacun sa méthode mais sachez qu’il existe aujourd’hui des applications pour gérer ses phobies, comme No Stress Altitude (pour l’avion) et que le monde continuera de tourner même pendant votre absence. 

Eh oui, quand on accepte de partir, on laisse une place à l’imprévu et au lâcher prise. Gardons en tête ce joli proverbe chinois «  Tes pieds t'emmèneront là où se trouve ton cœur ».