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La belle époque de Paris

Belle Epoque Paris

Paris, un saut dans la Belle Epoque

Suivez-nous sur les traces d’un Paris de la Belle époque à travers un itinéraire qui vous emmène de la gare Saint-Lazare à l’Opéra Garnier ; vous allez plonger dans une époque de révolutions industrielles et artistiques. Notre parcours s’achève à l’hôtel Provinces Opéra où nous logeons pour rester dans l’ambiance et découvrir ce magnifique bar Art Déco des années 20.

Un peu d’histoire pour commencer afin de mieux situer cette bien belle époque.


Après les guerres franco-prussiennes qui ont déchiré l’Europe et la grande dépression qui s’en suivi, à partir de 1879, la France connaît une période de répit et de prospérité exacerbée par la 2ème révolution industrielle et la place de plus en plus grandissante des marchés financiers parisiens. Cette période de paix, qui durera jusqu’à l’aube de la première guerre mondiale (1914), est marquée par l’optimisme et l’insouciance de la population.

Sentiments qui favorisent les progrès techniques, sociaux et économiques. C’est également l’âge d’or de la bourgeoisie (issue de l’aristocratie de l’ancien régime) qui donne fêtes et réceptions dans tout Paris.

La capitale se peuple, s’urbanise et se modernise grâce notamment aux travaux du baron Haussmann faisant émerger dans son sillage des mouvements artistiques et architecturaux comme l’Art nouveau ou plus tard l’Art déco. Il y a comme une sorte d’effervescence créatrice qui envahit les galeries d’art mais également la rue avec un goût prononcé pour la mode et les toilettes élégantes.

Les cafés, les cabarets et les salles de concerts sont fréquentés avec ardeur par une classe moyenne opulente qui profite des progrès socio-économiques. De la Gare Saint-Lazare à l’Opéra Garnier en passant par les Grands Boulevards, nous vous proposons un véritable voyage temporel, le temps d’un week-end insolite, à l’époque des chapeaux à plumes, des grands magasins et du Métropolitain - au cœur d’une époque en pleine révolution sociale, industrielle et artistique.

La gare Saint-Lazare, symbole d’une nouvelle révolution industrielle

Notre parcours commence sur le parvis de la gare Saint-Lazare dont la façade imposante et uniforme témoigne d’une construction au milieu des années 1830.

Son histoire coïncide avec les débuts des chemins de fer, car elle sera le terminus de la première voie en France à offrir un service de voyageur.  Son agrandissement par Eugène Flanchat, dans les années 1850, visera à recouvrir les voies par des halles métalliques typiques de l’architecture du Second Empire et de la Restauration. Ce n’est qu’à la perspective de l’exposition universelle de 1889 que la gare fait son entrée dans la Belle Epoque grâce à de nouveaux travaux menés par Juste Lisch, et notamment par la construction d’un très bel hôtel particulier pour accueillir les voyageurs attirés par l’exposition.  

Lorsque nous arpentons les quais, on s’imagine très bien les effets de luminosité, l’effervescence des voyageurs et les nuages de vapeurs qui ont inspirés Claude Monet. Dès 1877, cet artiste consacra une série 12 toiles à la gare Saint-Lazare, dont l’une d’entre elles est désormais exposée au Musée d’Orsay. Cette première visite nous plonge directement dans ce Paris joyeux et mouvementé de l’époque.

Les Grands boulevards, des artères où le tout Paris s’affère

Balzac écrivit que « les Boulevards sont aujourd’hui pour Paris ce que fut le Grand Canal à Venise ». Depuis le milieu du XIXème siècle, ils sont, en effet, au centre de la vie parisienne. Cet ensemble de voies, qui s’étend de La Madeleine à la Bastille, est un lieu emblématique en matière d’élégance, de mode, de divertissements et de tourisme. Aujourd’hui, on trouve encore des cafés, de grandes brasseries, des restaurants, des cinémas et bien-sûr les derniers théâtres dit de « boulevards ».

 Les Boulevards sont aujourd’hui pour Paris,
ce que fut le Grand Canal à Venise »

Balzac

Ceux-ci étaient spécialisés dans la comédie légère, voire polissonne, visant à divertir un public désirant rire de choses simples. Même si bon nombre d’établissements sont aujourd’hui fermés ou réhabilités, en se baladant le long des Grands Boulevards on peut encore apercevoir quelques vestiges de cette « grande vie à la parisienne ».

Arrêtez-vous quelques instants au Chartier, ce bistrot bon marché de l’époque, resté dans son « jus » depuis 1896. Sous sa grande verrière et ses boiseries anciennes, on vous garantit le saut temporel.  Les porte-bagages en cuivre et les casiers destinés aux serviettes des habitués attiseront forcément votre curiosité.

Un peu plus loin, comme un témoin des avancées artistiques de l’époque, au 14 boulevard des capucines, une plaque commémorative nous rappelle que c’est ici que naîtra le cinéma des frères Lumière, précurseurs d’un art qui ne cessera de s’imposer à travers les siècles.

Les demeures haussmanniennes et l’essor des grands magasins

Au cours de notre balade, les demeures haussmanniennes et les devantures tapageuses des grands magasins qui bordent les Grands Boulevards attire forcément notre regard. Bien que construits un peu avant la Belle Époque, c’est à cette période que ces derniers vont pourtant vivre leurs heures de gloire.

L’époque est à l’éclectisme et le choix du style dépend de la nature de l’édifice : ainsi les églises pourront être néo-gothiques, néo-romanes ou néo-byzantines alors que les bâtiments civils seront bâtis dans un style néo-renaissance ou néo-classique. Haussmann, préfet de l’époque et grand transformateur de Paris, impose des bâtiments d’habitation de 5 étages mansardés avec un balcon au 2ème et au dernier, et qui courent tout du long de la façade, donnant ainsi une véritable harmonie aux rues rectilignes qui caractérisent son style.

En véritables étendards de la mode, aux Galeries Lafayette, à la Samaritaine ou encore au Printemps, c’est un parfum de nostalgie qui vous envahit et qui vous propulse tout droit « au bonheur des dames » ; c’est-à-dire au beau milieu d’un roman d’Emile Zola.

C’est l’époque où le commerce et la mode triomphent. Les établissements se gonflent de statues, de dorures, de stucs, sans peur de la surcharge. Malheureusement des travaux de réhabilitation ont supprimés nombres d’escaliers monumentaux mais on peut encore admirer leurs pompeuses décorations et les somptueuses coupoles de verre.  

N’hésitez pas à monter au dernier étage du Printemps (l’un des 7 points hauts de la capitale) pour apprécier une vue à 350 degrés sur Paris et ses monuments.

Le Métropolitain et l’Art nouveau

En marge de notre visite et parmi les témoins du Paris des années 1900, le Métropolitain ou plus communément appelé le « métro » est sans nul doute le vestige de la Belle Epoque le plus utilisé par les habitants et les touristes d’aujourd’hui.

Saviez-vous que les bouches de métro dessinées par Hector Guimard sont l’expression d’un Art nouveau naissant ?

En 1898, 141 entrées, toutes de courbes végétales et de métal, signalaient l’accès à ce nouveau monde souterrain. C’est de là que l’Art nouveau tira également son nom d’Art métro. Il en reste aujourd’hui 87 dont les plus belles, dotées de marquises, sont encore visibles aux bouches de métro Abbesses, Porte-Dauphine, Tuileries ou au Parc Monceau.

L'Opéra Garnier, l’apothéose d’une époque dédiée à l’art et au spectacle

Voulu par Napoléon III ce n’est qu’en 1874 que Charles Garnier achèvera la construction du nouvel opéra de Paris. Ce dernier oscille entre le style baroque et néo-renaissance. Nous sommes époustouflés par la façade et l’intérieur du bâtiment qui foisonnent de sculptures et de décorations fastueuses.

En assistant à une représentation à l’Opéra Garnier on fait un saut au royaume du luxe, de l’apparat et de la représentation qui étaient les principales aspirations de la bonne société de la fin du XIXème siècle. La profusion des marbres, des stucs et des fresques est sans aucun doute la marque d’une société fière de sa prospérité.

La fantaisie, l’extravagance et le rejet des références historiques sont les reflets de la gaîté de cette époque. Inspiré de la galerie des glaces du Château de Versailles, ne manquez pas le grand foyer et ses marbres polychromes !

L'hôtel Provinces opéra, pour prolonger la magie de l’époque

Quoi de plus naturel pour prolonger cette balade temporelle que de séjourner dans un hôtel Art déco classé ?

Notre journée s’achève en effet à l’hôtel Provinces Opéra où rester dans l’ambiance et découvrir son magnifique bar Art déco chargé d’histoire. Hôtel depuis 1850, le bâtiment fût tour à tour le pavillon de chasse d’Henri IV, un couvent puis un hôpital. Malgré un confort moderne, l’hôtel à su garder son authenticité et s’est doté en 1925 d’un bar Art Déco (classé aux monuments historiques) en réponse à l’Art nouveau qui s’était développé avant-guerre.

Des scènes du film La Banquière, sorti en 1980 et interprété par Romy Schneider, ont été tournées dans le bar Art Déco de l’Hôtel Provinces Opéra.

À proximité des Grands Boulevards, des grands magasins et des principaux théâtres, il est le lieu de villégiature parfait pour qui veut profiter d’un confort moderne tout en restant plongé dans l’ambiance festive et feutrée de la Belle Epoque.