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Les idées fausses sur les couples qui durent

Les idées fausses sur les couples qui durent

Ah, ces couples fantasmatiques, 20 ans de vie commune, toujours in love. Oui, les couples CDI épanouis, ça existe. Mais pas pour les raisons que vous croyez. Dans le livre ‘‘Oser le couple’’, le sociologue Jean-Claude Kaufmann et la psychologue Rose-Marie Charest montrent que, non, l’amour ne s’enferme pas dans une vérité absolue. Chaque couple roule d’autant mieux qu’il s’est inventé lui même. Et surtout pas en suivant les idées reçues.


Ils ont su tout de suite

Le coup de foudre, le vrai. Foutaise ! De belles relations se construisent après des débuts incertains ou ordinaires ». Genre Vanessa Paradis dans l’Arnacœur. Elle a ressenti ses premières palpitations au bout… d’un an de story raté : « il ne rentrait pas dans mes cases de bad boy. J’étais odieuse avec lui… jusqu’au jour où, excédé, il m’a balancé que j’étais une femme fragile, in the control. En brisant ma carapace, il m’a ouvert les yeux, je suis devenue folle de lui.


Le connais-toi, toi-même

Inutile de passer par l’analyse de son moi, ça et surmoi avant de rencontrer l’amour. C’est même un non-sens, car ce ‘’soi’’ n’est valable qu’à l’instant T et mute à vitesse grand V. Pire : « le risque, c’est qu’on adopte une position rigide, peu propice à l’ouverture à l’autre ».


Ils ont trouvé leur moitié

Tout miser sur son amoureux pour se sentir entière est un leurre. « Quand cet aspect-là est trop présent, la vie à deux ne peut fonctionner ». Et oui, n’en déplaise aux romantiques qui raffolent du mot moitié, les réponses à nos manques se trouvent en nous. « J’ai eu un coup de foudre pour Julien, il me remplissait, nous ne faisions qu’un. Mais mon vide était tel que notre passion n’a duré que six mois ! J’étais perpétuellement dans la frustration et la colère. J’ai réalisé que moi seule pouvais me réparer. J’ai arrêté de trop attendre de lui, je me suis défusionnée ».


Ils font l’amour deux fois par semaine

Le sexe, ciment du couple ? En deux mois, Julia et son amoureux ont eu zéro galipette, trop de boulot, nuit écourtée par le bébé. Plus d’énergie. Et alors ? Un des problèmes actuels des couples est de confondre amour et passion. Il est fâcheux que la baisse de désir soit interprétée comme une fin de l’amour. Il faut accepter que se transforme le désir des débuts. Il a suffi à Julia et son compagnon de partir en amoureux, smartphone débranché, pour faire exploser la libido.


Des pros de la com’

« Au début, j’avais instauré un tête à tête tous les lundis pour débriefer de notre couple. Pas très funky cette table ronde façon réunion de boulot. Au bout d’un mois, Nora a mis fin à son rituel. Ouvrir la boîte de Pandore risque de ne rien apporter de bon. Ça repose sur l’idée que le couple pourrait s’analyser intellectuellement et que l’on pourrait donc trouver facilement une solution technique à chaque problème. C’est une idée réductrice et naïve du couple. De plus, ceux qui entendent ces conseils ont mauvaise conscience quand le face à face n’a rien donné et se disent : ‘’on n’arrive pas à communiquer’’ ».


Ils sont dans l’ultravérité

Penser que l’honnêteté à 200 % paye, c’est une illusion. « Au début, quand mon mec me demandait s’il m’avait manqué, je n’hésitais pas à répondre non. J’ai réalisé avec le temps que je le blessais inutilement et que lui confier mon attirance pour mon boss avait eu pour seul but de le rendre jaloux ». Conclusion ? « La liberté de dire n’est pas de dire plus qu’il ne faudrait, l’important, c’est de laisser aux choses qu’on montre leurs contours mystérieux ».


Ils ont réussi à gommer les défauts de l’autre

« Au début, je vivais mal son côté bordélique. J’ai essayé de le changer. Une perte d’énergie. Aujourd’hui, je vois ses défauts comme des traits de caractère qui m’enrichissent. Je suis moins maniaque, plus détendue ». Changer d’état d’esprit pour être capable de voir l’autre autrement… en gros, en choisissant des lunettes cache-défaut, on fait bouger la relation. Enfin… Normalement.


Ils pratiquent l’osmose à haute dose

Version romanesque : ils partagent tout, même sorties, mêmes amis, mêmes envies, mêmes idées politiques. Bref, des siamois façon The Kooples. Version réaliste : l’étouffement mutuel ou la fusion-acquisition : l’un croque l’autre. « Pour qu’il y ait couple, il faut qu’il y ait différence, c’est ce qui alimente le désir pour l’autre ».


Nécessite un entretien régulier

Zapper un bouquet de rose pour l’anniversaire du premier baiser, il est où le mal ?  Qui a décrété que fleurs, mots doux et  cœur dégoulinant de la Saint-Valentin signifiaient l’amour ? « Les femmes continuent de vouloir qu’on leur exprime de l’amour par des mots, des attentions. Arrêtez de vouloir être aimées par les hommes comme s’ils étaient des femmes ! Il faudrait accepter que l’homme utilise le langage d’amour qui est le sien ».